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Marv Pontkalek: l'histoire d'une conspiration
Pour comprendre les motifs de la conspiration que dirigea le marquis de Pontcallec au début du XVIIIème siècle, il faut savoir que la Bretagne n'a pas été annexée à la France en conséquence directe d'une défaite militaire, ni des mariages de la duchesse Anne avec les rois français, mais par un vote du parlement de Bretagne siégeant à Rennes: l'Edit d'Union de 1532, qui stipule qu'il ne serait jamais porté atteintes aux privilèges, exemptions, franchises et libertés octroyés aux bretons par leurs ducs, et qu'ils continueraient à en jouir à perpétuité sous réserve seulement des modifications que proposeraient les Etats de Bretagne dans l'intérêt du pays.


Presque 2 siècles plus tard, 40 ans après la révolte des Bonnets Rouges (1675), les Bretons prennent conscience de l'exploitation à laquelle ils sont soumis par le pouvoir central: les régimes d'exclusivité d'importations attribués aux ports de Calais et de Valéry/Somme par le gouvernement et les guerres de la France contre le reste de l'Europe a ruiné le commerce extérieur breton (notamment avec l'Angleterre), le coût de la vie et les charges fiscales ne cessent d'augmenter tandis que les ressources du peuple diminuent.

En 1717, voulant endiguer la surcharge d'impôts qui asphyxie la péninsule, les Etats de Bretagne refusent de voter le don gratuit réclamé par le roi. Montesquiou, le commandant en chef, représentant du pouvoir central décide de dissoudre l'assemblée bretonne! Le parlement de Rennes fait alors porter ses remontrances: "La dissolution des Etats porte atteinte au traité d'union de la Bretagne à la couronne qui est le titre nous unissant à la France". Le régent doit capituler et rappelle les Etats.

Sur la place du Bouffay,
une plaque rappelle
qu'en ce lieu furent
décapités des "défenseurs
des libertés bretonnes"
De nouveaux incidents éclatent quand le Conseil du roi se permet d'annuler une décision des Etats interdisant de nouvelles taxes. Le Parlement interdit sous peine de poursuite de percevoir en Bretagne des impôts non autorisés par les Etats. Le Conseil royal envoie la force publique rayer sur les registres du Parlement les arrêts interdisant la perception de ces taxes.

Le conflit a pris un tour très grave et à la mi-septembre 1718, des gentils-hommes fondent une union pour la défense des droits et privilèges de la Bretagne. Pendant l'automne, l'Acte d'Union recueille près de 600 signatures.

En avril 1719, les conjurés, emmenés par le marquis de Pontcallec, sollicitent l'aide militaire du roi d'Espagne qui est en guerre avec la France. Parallèlement, de tous côtés la Bretagne s'agite, des révoltes éclatent dans la presqu'&icric;le guérandaise, à Blain, à la Roche-Bernard... Quand aux conjurés, ils attendent le débarquement promis des Espagnols pour aller prendre le Faouët, Carhaix et Quimper, mais ceux-ci tergiversent et perdent leur guerre contre la France. Pendant ce temps là, le gouvernement institue à Nantes une cour d'exception, la Chambre Royale de Justice, pour "juger" sans défense les conjurés et ainsi tuer dans l'oeuf les velléités bretonnes.. Des trahisons aidant, les dirigeants Pontcallec, Montlouis, du Couëdic et Talhouët sont arrêtés, jugés sommairement et décapités le 26 mars 1720 à Nantes, sur la place du Bouffay.

Cette fin tragique affecta le peuple breton qui ne s'était pourtant pas senti concerné par la conjuration des gentilshommes, malgré des objectifs qui lui tenait à coeur: l'abolition des impôts abusifs, le rétablissement des libertés bretonnes, voire l'institution d'une République Bretonne.

Mais la mort a fait d'eux des martyrs et désormais dans la mémoire populaire leurs noms resteraient ceux de héros de l'épopée nationale.

Breizh da viken!
Ici
les défenseurs des
libertées bretonnes
furent décapités sur
ordre royal:
Souvenez-vous de
Pontcallec
Talhouët
Couëdic
Montlouis
26 mars 1720
Dalc'homp soñj!